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lundi 23 novembre 2020

Un forum de l'AFNHA à Fort-Liberté sur l'assistance légale aux femmes victimes de violence

Le vendredi 20 novembre 2020, le Centre de lecture et d'animation culturelle (CLAC) de la commune de Fort-Liberté (chef-lieu du département du Nord-Est) a accueilli un forum sur l’assistance légale aux femmes victimes de violence. Plus d’une cinquantaine de membres d’organisations, de représentants institutions étatiques et privées, de citoyens engagés et de jeunes ont participé à ce forum organisé par l'Alliance des Femmes pour une Nouvelle Haïti (AFNHA) et financé par le programme Initiative Spotlight.

« Comment offrir une assistance légale efficace aux victimes ? », a été le premier sujet débattu pendant l’activité.

Au cours de leur intervention, les responsables d’AFNHA ont fait savoir que, pour éradiquer la violence, l’accès à la justice doit être garanti pour les femmes. Et, compte tenu qu’il revient à l’Etat de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme aux violences dont sont victimes les femmes, ils tiennent l’Etat pour responsable des forfaits des "bourreaux" à cause de son manque d’efficacité.

Plusieurs cadres d’institutions publiques et d’organisations du département du Nord-Est ont apporté leur contribution à cette activité consacrée à stimuler les réflexions sur les droits des femmes et des filles, en faisant des présentations sur des sujets qu’ils maitrisent.

Le juge Jacques P. Vincent qui intervenait sur « l’accès à la justice des femmes et les contraintes », a rappelé que l’Etat a l’obligation d’adopter des dispositions pour garantir les droits humains.

« L’état dispose de la police administrative et la justice de paix pour faire des plaintes dans les cas de violence,  d’un  commissaire du gouvernement qui s’érige en ministère public,  d’un  juge d’instruction  pour faire les enquêtes en cherchant les indices. Donc l’état a tous les moyens pour faciliter l’accès à la justice pour les femmes », a-t-il détaillé.

De son côté, le commissaire de police Jacques Antoine qui a félicité l’AFNHA pour l’initiative, a laissé croire que son institution traite avec soin les cas de violence basée sur le genre, particulièrement le viol.

Sans vouloir culpabiliser les victimes, la Police Nationale d’Haïti (PNH) leur conseille toujours d’éviter de marcher tard la nuit et seule afin de ne pas faciliter la tâche aux agresseurs.

Pour sa part, Sandrine Abel, responsable d’une organisation, est intervenue sur les causes des violences perpétrées sur les femmes, tout en proposant des pistes de solution.

« Les inégalités structurelles et systématiques, les classements sexo spécifiques, la peur de la politique des femmes, la culture de dévalorisation des femmes, les femmes qui acceptent d’être auxiliaires par rapport aux hommes », entre autres problèmes, a-t-elle énumérés.

Comme pistes de solutions, madame Abel a souligné la nécessité d’aider les femmes à sortir de leur dépendance économique, permettre aux femmes d’avancer en éducation et réaliser un programme de formation axée sur le changement de comportements dans les familles et dans la société en général.

Voulant s’assurer que leur message est retenu par les participants, plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité pour que tout soit fait correctement et à temps, en cas de viol. Ils ont listé des actions à entreprendre et les conditions dans lesquelles le processus doit se dérouler. Tel que : orienter la victime vers un centre psycho social et un centre médical dans les 72 heures, la confidentialité dans le traitement du dossier, la disponibilité de personnel formé sur la façon dont on doit recevoir une victime de violence basée sur le genre et la nécessité pour que la victime porte plainte afin de permettre à la justice d’agir.


Pierre Emile

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